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Archive for novembre 2010


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LA MORT


On n’échappe pas à la mort

La mort, surtout quand on est jeune, nous vient rarement à l’esprit. Considérant la mort comme la fin, l’être humain évite d’y penser. Mais, tout comme la fuite physique devant la mort ne permet de lui échapper, il en est de même de la fuite par la pensée. En outre, il est impossible d’ignorer la mort. Chaque jour, les journaux font état de plusieurs décès, on croise fréquemment sur son chemin des cortèges funèbres, on passe devant des cimetières, on perd des amis et des membres de la famille. Les funérailles de nos proches ou les condoléances qu’on présente à ceux qui ont perdu des proches nous rappellent la mort. En étant témoin de la mort d’un être cher ou simplement d’une autre personne, on ne peut s’empêcher de penser à sa propre mort. Une telle pensée peut perturber profondément la personne concernée et la rendre agitée.

Qu’importe la force de caractère de la personne, qu’importe le lieu où elle se réfugie ou le moyen par lequel elle se protège, elle peut rencontrer sa mort à n’importe quel moment. Elle n’a pas le choix. Devant elle, il n’y a pas d’échappatoire. Le compte à rebours ne s’arrête jamais, même pour un petit instant. Quelle que soit la direction vers laquelle l’homme se tourne, la mort l’attend. Le cercle l’entoure de façon constante et finit toujours par se rassurer.

Dis: « La mort que vous fuyez va certes vous rencontrer. Ensuite vous serez ramenés à Celui qui connaît parfaitement le monde invisible et le monde visible et qui vous informera alors de ce que vous faisiez.” (Sourate al-Jumua: 8)

Où que vous soyez, la mort vous atteindra, fussiez-vous dans des tours imprenables… (Sourate an-Nisa: 78)

Pour ces raisons-là, nous devons arrêter de tricher avec nous-mêmes ou de jouer les indifférents, et nous efforcer de gagner la satisfaction de Dieu durant cette durée de vie qu’Il nous accorde. Dont Lui Seul connaît le terme.

Notre prophète Mohammed (pbsl) nous a dit que l’un des moyens de se prémunir contre le durcissement du cœur et d’atteindre la piété est de se rappeler souvent de la mort.

Abdallah Ibn Umar rapporte que le Messager de Dieu (pbsl) a dit: « Vos cœurs deviennent rouillés comme le fer touché par l’eau.” On lui demanda comment les nettoyer. Il répondit: « En se rappelant souvent de la mort et en récitant souvent le Coran.” (al-Tirmidhi, 673)

La mort de l’âme

Dieu, Celui qui offre la vie à l’homme puis la reprend à l’échéance fixée, nous informe dans le Coran de la façon dont la mort frappe les hommes. Ainsi, nous pouvons apprendre du Coran comment la mort survient et ce que vit une personne agonisante.

Lorsque le souffle de la vie remonte à la gorge (d’un moribond), et qu’à ce moment-là vous regardez, et que Nous sommes plus proche de lui que vous [qui l’entourez] mais vous ne [le] voyez point. (Sourate al-Waqi’a: 83-85)

Contrairement à la mort de mécréants, la mort des croyants est bienheureuse.

Les anges viennent réclamer l’âme du juste, en disant: « … Paix sur vous! Entrez au paradis, pour ce que vous faisiez.” (Sourate an-Nahl: 32)

Le Coran nous donne une description détaillée des souffrances des mécréants quand leurs âmes sont recueillies par les anges de la mort, car ces derniers les traitent avec dureté:

Qu’adviendra-t-il d’eux quand les anges les achèveront, frappant leurs faces et leurs dos? Cela parce qu’ils ont suivi ce qui courrouce Allah, et qu’ils ont de la répulsion pour [ce qui attire] Son agrément. Il a donc rendu vaines leurs œuvres. (Sourate Muhammad: 27-28)

Dans le Coran, Dieu parle aussi « des affres de la mort” qui sont en fait le résultat de l’annonce faite au mort par les anges des tourments qui lui sont réservés:

… Si tu voyais les injustes lorsqu’ils seront dans les affres de la mort, et que les anges leur tendront les mains (disant): « Laissez sortir vos âmes. Aujourd’hui vous allez être récompensés par le châtiment de l’humiliation pour ce que vous disiez sur Allah d’autre que la vérité et parce que vous vous détourniez orgueilleusement des Ses enseignements.” (Sourate al-Anam: 93)

Si tu voyais, lorsque les anges arrachaient les âmes aux mécréants! Ils les frappaient sur leurs visages et leurs derrières, (en disant): « Goûtez au châtiment du feu. Cela (le châtiment), pour ce que vos mains ont accompli.” Et Allah n’est point injuste envers les esclaves. (Sourate al-Anfal: 50-51)

Ces versets sont clairs, l’agonie du mécréant est un moment de tourment. Alors que les gens autour de lui pensent assister à une mort paisible, l’agonisant vit un tourment spirituel et physique très douloureux. Les anges de la mort viennent prendre son âme en lui infligeant souffrance et humiliation. Dans le Coran, le détachement de l’âme du mécréant est décrit comme un arrachement brutal :

Par ceux qui arrachent violemment! (Sourate an-Naziate: 1)

La phase finale du recueillement de l’âme est décrite ainsi :

Mais non! Quand [l’âme] en arrive aux clavicules et qu’on dit: « Qui est exorciseur?” et qu’il [l’agonisant] est convaincu que c’est la séparation (la mort)… (Sourate al-Qiyamah: 26-28)

La mort du croyant

Étant conscient du caractère inévitable de la mort, le croyant se prépare à sa rencontre tout au long de sa vie et jusqu’au moment de son heure. Les anges de la mort le saluent et lui annoncent la bonne nouvelle de son entrée au paradis.
Les anges recueillent son âme avec douceur. Le croyant ressent le besoin de communiquer la bonne nouvelle à d’autres croyants encore vivants et de leur dire que la promesse de Dieu est vraie et qu’ils n’ont rien à craindre. Mais, il lui est interdit de faire cela.

La mort du mécréant

Il fait face à la mort qu’il a fuie tout au long de sa vie.
Il souffre des affres de la mort durant son agonie.
Les anges arrachent son âme en lui annonçant la triste nouvelle du châtiment dégradant qu’il va subir dans l’enfer éternel.
Les anges de la mort lui fouettent le visage et le dos.
Son âme est arrachée dans la douleur.
Son âme est arrachée quand elle arrive à la gorge, et personne ne peut rien pour le mort.
L’âme est arrachée dans la souffrance alors que la personne continue à nier la vérité.
Au moment de la mort, aucune confession de foi ni manifestation de repentir n’est acceptée.

Il y a aussi des leçons à tirer de la mort du corps que tout le monde peut constater. La façon dont la mort clinique réduit l’être humain à l’état de cadavre inerte et insignifiant, permet aux vivants de découvrir plusieurs vérités importantes, d’où la nécessité de parler de la « mort clinique” et de la tombe

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LE PARADIS


Son étendue et son délicieux parfum

Combien vaste est la Demeure de la paix et combien délicieux est le parfum qu’elle dégage!

En fait, elle est aussi vaste que les cieux et la terre et elle dégage un parfum que l’on sentirait à une distance de cent ans (de marche). A ce propos, le Tout Puissant dit:

« Hâtez-vous vers le pardon de votre Seigneur et vers un Jardin large comme les cieux et la terre, préparé pour ceux qui craignent Allah » [Sourate Al Imran, 133]

Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, dit :

« Son odeur est sentie à une distance de cent ans »

Ses portes

Le Paradis s’ouvre sur huit portes : l’une d’entre elles s’appelle Ar-Rayane réservée à ceux qui jeûnent et une porte spéciale est destinée aux membres de la communauté de Mouhammad, qu’Allah le bénisse et le salue, qui n’ont pas de comptes à rendre.

Le portes du Paradis son très larges. Une marche de quarante années sépare un battant de l’autre et pourtant ceux qui entreront au Paradis seront en si grand nombre que ces passages regorgeront.

Les boucles de ces portes sont des rubis rouges et tiennent sur des plaques d’or.

Mouslim rapporte dans son Sahih le hadith du Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue:

« Quarante années de marche séparent les deux battants des portes du Paradis; et viendra le Jour où elles regorgeront de gens »

Il dit aussi à propos des gens du Paradis:

« Ils aboutiront à la porte du Paradis et trouveront une boucle de rubis rouge accrochée sur des plaques d’or »

A la porte du Paradis

Qu’y a-t-il à la porte du Paradis?

Il y a un arbre grandiose. De la base de cet arbre jaillissent deux sources d’eau : la première assurera l’eau potable à ceux qui entrent au Paradis et la deuxième servira à leur purification. S’ils boivent de la première, ils ne souffriront plus d’indigence et s’ils se lavent dans la deuxième, leurs cheveux ne seront plus hirsutes. La preuve en est le verset coranique suivant:

« Ils porteront des vêtements verts de satin et de brocart. Et ils seront parés de bracelets d’argent. Et leur Seigneur les abreuvera d’une boisson très pure. » [Coran Al Insan, 21]

Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, dit:

« II existe à la porte du Paradis un arbre de la base duquel jaillissent deux sources: S’ils boivent de la première, l’éclat de la félicité fera rayonner leurs visages; s’ils font leurs ablutions dans l’autre, leurs cheveux ne seront plus jamais hirsutes » (Rapporté par Al Hafez Al Mounziri).

La réception des habitants du Paradis

L’entrée au Paradis se ferait sûrement à intervalles atteignant peut-être les cinq cents ans, car il est dit que les pauvres des musulmans précèdent les gens de bonne fortune vu qu’ils n’ont pas à attendre trop longtemps pour rendre des comptes et se faire juger contrairement aux gens riches et de bonne fortune.

« Ceux qui craignent leur Seigneur seront conduits par groupes au Paradis: ses portes s’ouvriront à leur arrivée; ses gardiens leur diront: «Paix sur vous! Vous avez été bons. Entrez ici pour y demeurer immortels » [Coran Sourate Az Zoumar XXXIX, verset 73].

En outre, le hadith suivant figure dans les deux Sahih:

«Le premier groupe qui entrera au Paradis aura l’aspect de la lune la nuit quand elle est pleine, et ceux qui y entreront après, seront plus brillants que les étoiles dans le ciel. Ils n’urineront pas, n’iront plus aux latrines, ne se moucheront pas, ne cracheront pas, leurs peignes seront en or, leur odeur sera celle du musc, leurs encensoirs seront alimentés par l’aloès, leurs épouses seront des « houris » aux grands yeux, leur caractère sera celui d’un seul homme. Ils auront la taille de leur père Adam de soixante coudées de hauteur dans le ciel.

La distinction entre les groupes de gens entrant au Paradis et leur beauté est due à la différence du nombre et de la qualité de leurs œuvres.

En effet, personne n’ignore que dans la vie présente, l’âme puise sa beauté de la foi et des bonnes œuvres accomplies. Dans l’au-delà également, l’âme embellit et accède au paroxysme du bonheur grâce à la pureté engendrée par la même foi et les mêmes bonnes œuvres effectuées dans la vie du bas monde.

Les groupes entrant au Paradis seront reçus par les anges et notamment par Radwane, le gardien du Paradis et ensuite par les anges chargés du Paradis et de ses habitants.

« La grande terreur ne les affligera pas, et les Anges les accueilleront: « voici le jour qui vous a été promis ». [Coran Sourate El Anbiya XXI, 103].

« Ses gardiens leur diront: «Paix sur vous! Vous avez été bons. Entrez ici pour y demeurer immortels»[Coran Sourate Az Zoumar XXXIX, 73].

Et aussi:

« les jardins d’Eden, où ils entreront, ainsi que tous ceux de leurs ascendants, conjoints et descendants, qui ont été de bons croyants. De chaque porte, les Anges entreront auprès d’eux » [Coran Sourate Ar Raad XIII, 23-24].

Les palais de la Demeure de la paix

Quiconque désire décrire ces palais et leur différenciation, ainsi que le bonheur et les bienfaits qu’ils contiennent, devrait répéter les paroles d’Allah, le Créateur de tout:

(le sens) « Quand tu regarderas là-bas, tu verras un délice et un faste royal. Ils porteront des vêtements verts de satin et de brocart. Ils seront parés de bracelets d’argent. Leur Seigneur les abreuvera d’une boisson très pure. «Cela vous est accordé comme une récompense. Votre zèle a été reconnu! » [Coran Sourate Al Insan LXXVI, 20-22].

Nous avons également toute latitude de citer les descriptions données par un seul homme, le Prophète illettré, Mouhammad, Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, qui honora la Demeure de la Paix de sa visite et l’a vu à l’état d’éveil une fois dans la vie présente et diverses fois pendant son sommeil et n’oublions pas que la vision des Prophètes est une révélation.

Dans le hadith qui suit, le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, parle du dernier homme à entrer au Paradis:

« L’homme dira :
– Seigneur, faites que je rejoignes les gens.
Il ira flâner dans le Paradis et lorsqu’il s’approchera des gens, un palais se dressera à son intention. Il verra un joyau se dresser face à lui et il tombera sur le sol en prosternation.
– Lève ta tête, lui dira-t-on, qu’as-tu?
– J’ai vu mon Seigneur, dira-t-il
– Lève-ta tête, fusera la réponse, c’est une de tes maisons.
Ensuite, il rencontrera un homme et s’apprêtera à se prosterner devant lui.
– Non, n’en fais rien, lui dira-t-on.
– Je croyais que tu étais un ange, répondra-t-il.
– Mais non, sera la réponse, je suis un de tes gardiens et un de tes esclaves, et il marchera devant lui pour lui ouvrir le palais. Ce dernier serait un joyau creux qui aura son toit, ses portes et ses clefs intégrés en lui. Dans chaque joyau, il y aura des lits, des épouses et des Houris, la moindre d’entre elles sera une Houri aux grands yeux portant soixante-dix habits; la moelle de sa jambe sera transparente à travers ses habits. Son foie sera son miroir, et le sien sera le miroir de la Houri. S’il détourne son visage d’elle, elle grandira ses yeux soixante-dix fois. On lui dira: Regarde. Il regardera et entendra dire :
Ton royaume est équivalent à un trajet de cent années que ton regard pourra englober » (Rapporté par Al Hafz Mounziri, Ibn Abi Dounia et Tabarani).

Quant aux différents niveaux des gens du Paradis, différences conformes à la perfection de leur foi et à leurs nombreuses bonnes œuvres, citons le hadith suivant :

« Les habitants du Paradis verront les habitants des chambres supérieures comme ils verront l’étoile brillante apparaître à l’horizon de l’Est ou de l’Ouest. Ils diront :

– Messager d’Allah, ce sont les demeures des prophètes, personne ne peut les atteindre.
– Si, dira le Prophète, par celui qui tient mon âme dans sa main, il y aura des hommes qui ont cru en Allah et aux Messagers.

Le Seigneur cite à ce propos :

« Elancez-vous vers le Pardon de votre Seigneur, et vers un Jardin large comme le ciel et la terre, préparé pour ceux qui auront cru en Allah et en ses prophètes. Telle est la grâce d’Allah! Il la donne à qui il veut. Allah est le maître de la grâce incommensurable! » [Coran El Hadid, verset 21].

Une vue générale sur la terre du Paradis

Cher lecteur,

A ton avis, de quoi se constitue le sol du Paradis?

Est-il constitué de terre blanche ou rouge?

Ses cailloux sont-elles de diverses couleurs? Les murs et ses bâtiments sont-ils faits en briques de grande beauté?

La matière utilisée pour aligner les briques est-elle un mélange de sable blanc et de ciment de sable blanc et de ciment bleu et fin?.

Il faudrait savoir que le seul homme qui pourrait répondre à ces questions c’est le Prophète d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, le seul à avoir vu le Paradis et y a vécu une heure.

Lorsqu’un Compagnon demanda au Prophète de lui parler du Paradis, il répondit :

« Il y a une brique en or et une autre en argent; le ciment qui les maintient est du musc; ses cailloux sont des perles et des rubis, son sable du safran; quiconque y entre goûtera les délices sans connaître l’indigence, demeurera éternel et ne mourra pas, ses habits ne s’useront pas; et il demeurera éternellement jeune ».

Les Jardins d’Eden

Les Jardins d’Eden se distinguent des autres Jardins du Paradis par une caractéristique : le Seigneur les a directement créés. Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, rapporte que le Seigneur Tout Puissant à créé les Jardins d’Eden de sa propre main. Ibn Abou Dounia et Tabarani rapportent ses paroles comme suit:

«Allah a créé les Jardins d’Eden de Sa propre main d’une brique de perle branche, une brique de rubis rouge et une brique de topaze vert scellées par un ciment de musc. Son herbe est formée de safran, ses cailloux de perles, son sable d’ambre. On dira à ce jardin: «Parle, il répondra: « Les croyants sont heureux ».

Attention:

Nous savons tous que le Seigneur est Le créateur de tout, c’est Lui qui a créé l’univers, aussi bien le monde supérieur que l’inférieur; II est le Créateur des deux mondes, le Seigneur des premiers et des derniers.

Quand nous disons qu’Il a créé telle chose de Ses propres mains conformément aux paroles divines:

« Qui t’a empêché de te prosterner devant celui que J’ai créé de mes mains? » [Coran Sourate Sad XXXVIII, verset 75].

Ou conformément aux dires du Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, dans son hadith relatif à la création des Jardins d’Eden des mains du Seigneur, nous signalons que cette création s’est faite contrairement à la coutume divine lors de la création des créatures.

Lorsque le Seigneur précise qu’il les a créés de Ses mains. Il leur accorde un surplus d’honneur et d’éminence.

Pour plus d’éclaircissement, ajoutons que lorsqu’un roi ou un homme de grand pouvoir ordonne la construction d’un palais, on dit: le roi a bâti un palais même s’il n’a pas effectué le travail lui même mais il a quand même assuré tout le matériel aux ouvriers. Mais lorsque le roi dépose la pierre de base de ses mains, il aurait participé lui-même au travail.

Aussi pouvons-nous dire que le Seigneur a créé Adam de façon directe, de Ses mains: c’est une vérité inéluctable.

A l’instar de cette création, le Seigneur créa le Jardins d’Eden de la même façon.

Les tentes et les marchés à la Demeure de la paix

Selon les récits d’Allah Tout Puissant, le Paradis contient tout ce que l’âme désire et tout ce que l’œil aime. Les habitants du Paradis obtiendront tout ce qu’ils demandent et y trouveront ce qu’aucun œil n’a jamais vu, ni une oreille n’en entendu ni le cœur d’un homme a jamais imaginé. Le Prophète cite un hadith à caractère divin rappporté dans les deux hadiths comme suit:

« J’ai préparé pour mes serviteurs vertueux ce qu’aucun œil n’a jamais vu, ni aucune oreille n’a jamais entendu, ni aucune personne peut concevoir » (Rapporté par Moslim, Al Boukhari).

Le Seigneur dit également dans le Coran:

« O mes serviteurs! N’ayez pas peur, ce Jour-là! Ne vous affligez pas! -Ceux qui croient en nos signes demeurent soumis-Entrez au Paradis, vous et vos épouses! Vous y serez bien traités!» On fera circuler parmi eux des plateaux en or et des coupes; tout ce que l’on peut désirer et ce dont les yeux se délectent. Vous y demeurerez immortels. Tel est le Paradis qui vous sera donné en héritage pour prix de ce que vous avez fait sur la terre (Coran 43, 68) et aussi:

Les Anges descendent sur ceux qui disent : « Notre Seigneur est Allah » et qui persévèrent dans la rectitude; « Ne craignez pas, ne vous affligez pas; accueillez avec joie la bonne nouvelle du Paradis qui vous a été promis » [Coran XLI, 30.]

Puisque le Paradis contient tous les aspects du bonheur spirituel et corporel, il se peut qu’il s’y trouve des tentes et même des marchés car dans les tentes se trouvent les plaisirs et dans les marchés le bonheur et la joie.

Nous nous limiterons à exposer cette vérité et la confirmer par quelques mots extraits du Livre (Le Paradis, demeure des bienfaisants) sous un titre secondaire:

Le tentes: Comment pouvons nier leur existence alors que leur Créateur dit:

« Des Houris qui vivent retirées sous leurs tentes » [Coran 55. 72].

Mais quelle est la forme de ces tentes ? De quelle matière sont-elles faites ? Quel est le degré de leur beauté ?

Pour répondre correctement à ces questions, nous citons un argument authentique et véritable exprimé par le Pur Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, qui dit :

« Au Paradis, le croyant aura une tente en forme d’une perle creuse dont la longueur sera de soixante miles (dans le ciel) (et la largeur sera de soixante miles), il aura des épouses qu’il fréquentera sans que l’une d’entre elles ne s’aperçoive de l’existence des autres » (Rapporté par Moslim et les ajouts mis entre parenthèses sont également cités par Moslim mais dans d’autres hadiths. Il est rapporté également par Al-Boukhari).

Les marchés : Ya-t-il des marchés dans le paradis ? Comment peut-on avancer le contraire alors que le Seigneur s’adresse aux gens de la foi et de la droiture :

« Vous y trouverez ce que vous désirez; vous obtiendrez ce que vous demanderez » [Coran XLI, 31].

Il ne serait pas étrange que le croyant habitant au Paradis soit tenté d’entrer dans un de ces marchés et surtout les croyants qui avaient l’habitude d’y faire des transactions et de gagner de grands bénefices tels que Abdurrahmane bin Awf, qu’Allah l’agrée et autres de ceux qui pratiquant le commerce en toute honnêteté.

Il se peut donc que l’un d’eux aspire à entrer dans un de ces marchés alors qu’il se trouve dans la Demeure de la paix et exprime sa demande :

Dieu l’exauce en créant des marchés où ils entreront et y compléteront leur bonheur.

Moslim nous rapporte à cet égard le hadith suivant:

Anas bin Malek raconte : le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, dit: « Au Paradis, il y aura un marché où les élus rendront chaque vendredi. Un vent du nord soufflera et couvrira leurs visages et leurs habits: leurs charmes et leurs beautés augmenteront. En rentrant ainsi, leurs épouses leur diront: « Par Allah, vos charmes et votre beauté se sont accrus! »

Les fleuves et les arbres du Paradis

Allons faire un tour, O cher lecteur, dans ce paradis, du côté les quatre fleuves qui sont les sources d’où coulent tous les fleuves tu Paradis ; ce sont :

– le fleuve de l’eau
– le fleuve de lait
– le fleuve du vin
– le fleuve du miel conformément au verset suivant :

« Voici la description du Paradis qui a été promis aux pieux: il y aura là des ruisseaux d´une eau jamais malodorante, et des ruisseaux d´un lait au goût inaltérable, et des ruisseaux d´un vin délicieux à boire, ainsi que des ruisseaux d´un miel purifié. Et il y a là, pour eux, des fruits de toutes sortes, ainsi qu´un pardon de la part de leur Seigneur. » [Coran 47, 15].

Parmi ces grands fleuves figure le fleuve de l’abondance. Savez-vous ce qu’est le fleuve de l’abondance (Al-Kawthar) ? C’est le fleuve que le Seigneur accorda spécifiquement à notre Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, et à sa communauté. Il est le plus important et le meilleur des fleuves du Paradis et fut cité dans le Coran:

« Oui, nous t’avons accordé l’abondance. Prie donc ton Seigneur et sacrifie! Celui qui te hait : voilà celui qui n’aura Jamais de postérité ! » [Coran CVIII, 1-3].

Ecoutons le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, nous décrire le fleuve dans le hadith rapporté par Al Boukhari :

« Tandis que je marchais au Paradis, je vis un fleuve dont les bords étaient formés de perles voûtées et trouées?

– Qu’est-ce, O Gabriel ? demandais-je
– C’est le fleuve de l’abondance, répondit-il, celui que Ton Seigneur t’a accordé.

L’ange en prit une poignée et je constatai que sa boue était du musc de la meilleure odeur».

Al-Boukhari rapporte un autre hadith dont la chaîne de transmission s’est avérée authentique: «Le fleuve de l’abondance est un fleuve au Paradis, ses bords sont en or, son lit est formé de joyaux et de rubis, son sable est meilleur que le musc, son eau plus délicieuse que le miel et plus blanche que la neige».

A propos des arbres du Paradis, citons le hadith rapporté par Al-Boukhari qui dit :

Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, dit:

« II existe au Paradis un arbre à l’ombre duquel un cavalier peut marcher pendant cent années sans jamais en sortir ».

Le Seigneur Tout Puissant dit à cet égard :

« Il jouiront de spacieux ombrages, d’une eau courante, de fruits abondants non cueillis à l’avance, ni interdits. Ils se reposeront sur des lits élevés » [Coran LVI, 30-34].

Ibn Abbas explique le sens de « spacieux ombrages » : cet ombrage est celui d’un arbre du Paradis et s’étend sur de vastes distances au point qu’un cavalier acharné marchera dans son ombre durant cent ans, quelque soit la direction prise; les habitants du paradis, ceux des chambres et autres sortiront et parleront dans son ombre; ils se rappelleront les amusements de la vie présente, Allah enverra alors un vent du Paradis qui remuera cet arbre pour leur accorder chaque amusement dont ils jouissaient dans la vie présente.

Il ajoute: « Les palmiers du Paradis ont le tronc en émeraude vert, la base de leurs branches en or rouge, leurs palmes serviront aux vêtements des élus, leurs fruits sont autant que les jarres et leurs eaux sont aussi blanches que la neige, plus douces que le miel et plus molles que les palmites sans noyaux ».

Les mets et les breuvages du paradis

Certains philosophes et chrétiens ont fait preuve d’égarement quand ils ont prétendu que les délices du Paradis sont purement spirituelles et que le corps n’en obtiendrait aucune jouissance.

Mais cette opinion est totalement erronée et sera réfutée par celui qui croit en Allah Tout Puissant et à Ses Messagers, le salut soit sur eux.

Les arguments logiques et les récits rapportés que nous citerons ci-après confirmeront la vérité relative à cette affaire vitale et extrêmement importante:

1- Les esprits destinés à jouir des délices n’atteindront cet objectif que s’ils s’intègrent dans des corps qui lui seront Appropriés et s’y installent. Aussi lorsque le Seigneur désire-t-Il honorer les martyrs. II leur crée des corps compatibles avec leurs esprits dans lesquels ils s’intègrent. Ils atteignent alors le bonheur aussi longtemps qu’ils demeureront au Paradis.

Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, dit :

« Les esprits des martyrs se trouvent dans les vésicules d’oiseaux verts qui se nourrissent au Paradis et s’abritent dans des lanternes suspendues sous le Trône ».

(Rapporté par Al-Hakem selon les conditions de Moslim et approuvé par Zahabi; Moslim le rapporte dans une version quasi similaire).

Nous citons pour preuve les versets coraniques suivants:

« Ne crois surtout pas que ceux qui sont tués dans le chemin d’Allah sont morts. Ils sont vivants! Ils seront pourvus de biens auprès de leur Seigneur, ils seront heureux de la grâce queAllah leur a accordée. Ils se réjouissent parce qu’ils savent que ceux qui viendront après eux et qui ne les ont pas encore rejoints n’éprouveront plus aucune crainte et qu’ils ne seront pas affligés » [Coran 3,169-170].

2- Le pouvoir qui a créé l’homme, lui a accordé ses revenus ainsi que divers plaisirs propres à la vie présente, tels que les mets délicieux, les breuvages délectables, les beaux habits, les maisons confortables et les paquebots luxueux, est capable de créer tout cela dans le Royaume Suprême de la meilleure des façons.

3- Accorder la préférence à la vie présente créée pour une durée limitée et qui devrait s’anéantir aux dépens de la vie de l’au-delà, créer pour demeurer éternellement, est un choix que la logique refuserait d’appréhendre. Aussi n’est-il pas possible que le bonheur dans la vie présente atteint aussi bien le corps que l’esprit bien qu’elle soit une Demeure des soucis et des chagrins qui devrait un jour s’anéantir tandis que le bonheur de l’au-delà créé pour l’éternité est purement spirituel. Pourtant, la vie dans la barrière, la période qui s’étend entre la mort de l’homme et sa résurrection, est à la fois en relation avec le corps et l’esprit même si le premier devient poussière. Car l’esprit demeurera attaché à la tombe qui sera pour elle tel une station de communication avec lequel il entrera en contact lorsqu’il le désire. C’est la raison pour laquelle il est dit que lorsque le mort reçoit la visite d’une personne à sa tombe, il reconnaît son visiteur et répond à son salut.

Toutes les preuves logiques que nous avons désignées pour infirmer que le bonheur sera dans l’au-delà ausi bien corporel que sprituel sont extrêmement faibles par rapport aux récits rapportées authentifiées : ceux du Seigneur Tout Puissant et de Son Messager. Car personne ne connaîtra les créatures aussi bien que leur créateur et que celui qui les a vues de ses propres yeux.

Allah décrit les bienfaits dont jouiront les serviteurs musulmans qui ont cru et étaient pieux:

« O mes serviteurs! N’ayez pas peur, ce Jour-là! Ne vous affligez pas! -Ceux qui croient en nos Signes demeurent soumis- Entrez au Paradis, vous et vos épouses! Vous y serez bien traités!». On fera circuler parmi eux des plateaux en or et des coupes, tout ce que l’on peut désirer et ce dont les yeux se delectent. Vous y demeurerez immortels. Tel est le Paradis qui vous sera donné en héritage pour prix de ce que vous avez fait sur la terre. Vous y trouvez des fruits abondants et vous en mangerez » [Coran 43, 68-73].

Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, décrit également les délices dont jouissent les habitants du Paradis tel qu’il l’a vu :

« Les habitants du Paradis mangent et boivent, ne crachent pas n’urinent pas et ne vont pas aux latrines.
– Que devient la nourriture qu’ils mangent? demanda-t-on.
– Elle devient des rots et de la sueur à l’odeur musquée, repondit-il, il leur sera inspiré les louanges au Seigneur comme la respiration vous est inspirée. » (Rapporté par Moslim et Al Boukhari).

Il dit aussi :

« Les habitants du Paradis les plus inférieurs auront à leur service dix mille domestiques, chacun de ces domestiques portera deux plateaux: un en or et un autre en argent; chacun des plateaux contient un mets différent des autres. La première bouchée sera aussi délicieuse que la dernière ensuite la nourriture se dégagera avec une sueur à l’odeur musquée; ils n’urineront pas, n’iront pas aux latrines, ni ne se moucheront » (Rapporté par Ibn Abi Dounia Tabarani, et Mounziri).

A tous ces témoignages ajoutons des dizaines de versets et de hadiths authentiques qui confirment que les délices des habitants du Paradis sont aussi spirituels que corporels et englobent tant les domaines des mets et des breuvages que le port des vêtements, des bijoux, la jouissance des femmes et des chants, l’équitation, l’échange des visites et des rencontres.

Citons les récits divins et prophétiques relatifs à ces domaines :

Le port des habits et les bijoux.

« Dieu introduira ceux qui auront cru et ceux qui auront accompli des œuvres bonnes dans des Jardins où coulent les ruisseaux. Là, ils seront parés de bracelets en or et de perles; leurs vêtements seront en soie. Ils ont été dirigés vers la Parole excellente » [Coran 22.23]

Les lits de repos et les lits d’apparat

« Les premiers (à suivre les ordres d´Allah sur la terre) ce sont eux qui seront les premiers (dans l´au-delà) Ce sont ceux-là les plus rapprochés d´Allah, dans les Jardins des délices, une multitude d´élus parmi les premières [générations], et un petit nombre parmi les dernières [générations], sur des lits ornés [d´or et de pierreries], s´y accoudant et se faisant face. » [Coran 56.10]

« Là, accoudés sur des lits d’apparat, ils n’auront à subir ni soleil ardent, ni froid glacial. Ses ombrages seront à proximité et ses fruits inclinés très bas, pour être cueillis » [Coran 76, 12]

Les houris

« Et Ils auront auprès d´eux des belles aux grandes yeux, au regard chaste, semblables au blanc bien préservé de l´oeuf. » [Coran 37.48]

Le Prophète dit :

« Si une femme des habitants du Paradis surplombe la terre, elle renplira de son parfum l’espace entre le ciel et la terre, et l’illuminera. Le voile qu’elle porte sur sa tête est meilleur que la vie presente et ce qu’elle contient » (Rapporté par Al-Boukhari).

Les chants

« Il existe au Paradis un fleuve de longueur égale à celle du Paradis. Sur ses bords se tiennent des vierges en position debout se faisant face et chantant de voix que jamais les créatures ont entendue d’aussi belles au point qu’elles n’entendront pas de pareilles au Paradis. On demanda à Abou Hourayra (le rapporteur de se récit) : Quels seront ces chants? Et l’homme de répondre :

– Si Allah le veut, ce sera chanter Pureté au Seigneur, Lui faire des louanges, Le glorifier et Le louer » (Rapporté par Al-Bayhaqui)
Les chevaux et l’équitation

« Abdurrahmane bin Sa’ida, qu’Allah l’agrée, dit :
J’étais un homme amateur de chevaux. Je demandai au Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue :
– O Messager d’Allah, y a-t-il des chevaux au Paradis ?
– Si Allah t’introduit au Paradis, répondit le Prophète, tu auras une jument faite de rubis, aura deux ailes et te portera au lieu que tu désires » (Rapporté par Tabarani et par d’autres rapporteurs sûrs).

« Il existe au Paradis un arbre du sommet duquel jailliront des habits, de sa base jailliront des chevaux en or scellés de rubis et de joyaux. Ils n’éjectent ni crottin, ni urine; ils sont pourvus d’ailes de dimensions illimitées. Les habitants du Paradis les enfourcheront et ils les porteront là où ils désirent ». (Rapporté par Ibn Abou Dounia et non mentionné par Al-Mounziri).

Les visites

« Lorsque les habitants du Paradis entrent au Paradis et désirent voir leurs frères : le lit d’un Tel marchera vers le lit d’un autre; et le lit d’un Tel marchera vers le lit d’un autre jusqu’à ce qu’ils se réunissent. Le premier s’accoudera et l’autre aussi, et chacun dira à son ami :
– Sais-tu quand le Seigneur nous a pardonné? Et l’autre de répondre:
– Le Jour tel à l’endroit tel. Nous avons imploré le Seigneur et Il nous a pardonné».

(Rapporté par Ibn Abou Dounia et Al-Bazare et non-mentionné par Al Mounziri)

Le plus grandiose des délices spirituels

« Lorsque les gens du Paradis habitent au Paradis, un ange viendra à eux et leur dira :

– Le Seigneur Tout Puissant vous ordonne de lui rendre visite.

Ils se réuniront. Allah Tout Puissant ordonnera à David, le salut soit sur lui, qui élèvera la voix pour chanter Pureté au seigneur et Le glorifier. Ensuite, la table de l’Immortalité sera mise.

– Ô Messager d’Allah, demanda-t-on, quel est la table de l’Immortalité ? Et le Prophète de répondre :

– Un de ses coins est plus vaste que l’espace séparant l’Est de l’Ouest. Ils en mangeront et y trouveront des habits. Puis il diront :

– Il ne reste que voir la face de notre Seigneur, Loué et glorifié soit-il.

Le Seigneur fera son apparition : ils tomberont à genoux et se prosterneront.

Et on leur dira:

– Vous n’êtes pas dans la Demeure des œuvres mais la Demeure de la récompense».

(Rapporté par Abou Na’im)

« Alors que les gens du Paradis seront en train de jouir des delices, une lumière brillera. Ils lèveront la tête et verront le Seigneur Tout Puissant les surplomber et dire :

Le salut soit sur vous, Ô gens du Paradis. Ils délaisseront tous les délices dont ils jouiront aussi longtemps qu’ils regarderont le Seigneur. Une fois voilé d’eux, il leur restera Sa bénédiction et Sa lumière ».

(Rapporté par Ibn Maja)

« Le Seigneur dira aux habitants du Paradis :

– O gens du Paradis. Ils répondront :
– Nous accourrons vers Toi, O notre Seigneur, le bien se trouve entre tes mains.
– Etes-vous satisfaits ? demandera-t-Il.
– Comment pouvons-nous ne pas l’être, Ô Seigneur, alors que Tu nous a accordés ce que Tu n’as accordé à aucune autre de Tes créatures; sera leur réponse. Et le Seigneur d’ajouter :

– Voulez-vous que je vous accorde une chose meilleure que cela?
– O Seigneur, y a-t-il meilleur ? demanderont les gens du Paradis.
– Je vous accorderai Mon agrément et ne serai jamais en colère contre vous, dira le Tout Puissant. » (Rapporté par Al-Boukhari et Moslim).

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Qu’il est blessant de se confronter aux médisances de ceux que l’on imaginait estimable…Tout finit par se savoir : Les murs ont des oreilles.

Dans ces circonstances, une riposte est elle nécessaire?

Plusieurs alternatives se présentent :

-Dénigrer à notre tour , appliquer la loi du talion et répondre ainsi à l’adage  » Oeil pour oeil , dent pour dent »
Soulagement immédiat avec de surcroît le sentiment d’avoir satisfait notre soif de vengeance, en tournant l’autre en dérision.
Seulement, nulle élévation si ce n’est dans l’échelle du méprisable.

-Se confronter à l’autre en ayant pour objectif de le mettre face à la bassesse de son procédé.
Il en résultera gène, surprise, discrédit ( Les langues de vipère, sauf exception, sont incapables d’assumer leur propos au grand jour )

Mais encore une fois rien d’exaltant. Cela ne peut engendrer une introspection de la personne susvisée qui s’efforcera juste à l’avenir de mieux occulter le caractère polémique de son discours .

Ma préférence va à l’indifférence
Lorsque l’individu se montre des plus chaleureux et qu’il tient simultanément les propos les plus orduriers à votre égard.
La meilleure option reste celle de l’ignorer.

Cela revient à couper tout contact avec l’objet de la nuisance.
Les ravages de la médisance, résident notamment dans les rapports intimes et emphatiques que l’on entretient avec l’acteur.
Il se sait  » démasqué  » et en conséquence, ne peut plus être préjudiciable.

La sagesse est mère des vertus :
Il convient ainsi de prendre du recul et analyser les fondements des calomnies sans occulter les motivations du maldisant.
N’avez vous jamais remarqué que ceux dont le débit venimeux est le plus acerbe, prêtent à la compassion?

En outre,se remettre en cause n’est jamais fortuit.
Après tout être l’objet de brouhaha n’est pas anodin, puisqu’il résulte de notre comportement qui mérite alors d’être corrigé.

Bien heureux celui qui se tient à l’abri d’une parole malheureuse ou de commérages douteux .

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coeur sans haine


Rien n’est plus reposant pour l’individu, plus dissipant pour ses soucis et plus agréable que d’avoir un cœur saint et exempt des affres du ressentiment et du bouillonnement des haines et des inimitiés: lorsqu’il voit qu’un homme reçoit un bienfait, il l’accepte et ressent la faveur divine et l’indigence des serviteurs, puis il se remémore cette Parole sublime de l’Envoyé de Dieu:

« Ô mon Dieu ! Le bienfait qui m’est accordé en ce jour ou à l’une de tes créatures provient uniquement de Toi, l’Unique qui n’a pas d’associé. Aussi, A Toi la louange et le remerciement » [ Rapporté par Abû Dâwud ]

lorsqu’il voit un être humain qui souffre d’un mal, il compatit et demande à Dieu de soulager sa souffrance; il se rappelle cette imploration de l’Envoyé de Dieu adressé à son Seigneur:

« Si tu pardonnes ô mon Dieu, pardonne généreusement à chacun de tes serviteurs ce qu’il a commis ».

Ainsi, le fidèle musulman peut vivre avec un fond intérieur limpide, satisfait de Dieu et de la vie, l’âme apaisée et à l’abri des attaques de la haine aveugle. Car la corruption du cœur par les ressentiments est un mal difficile à juguler.

La Foi se retire rapidement du cœur atteint, tel un liquide coulant d’un récipient percé.

Voilà pourquoi l’Islam regarde le coeur avec beaucoup de gravité. En effet, le coeur noirci pervertit les bonnes actions et assombrit leur fraîcheur et leur éclat. Quant au cœur rayonnant, Dieu le bénit, même quand ses oeuvres sont peu nombreuses, et lui accorde beaucoup de bien.

‘Abdallâh Ibn ‘Amrrapporte ceci:

« On a dit : Ô Envoyé de Dieu ! Quel est le meilleur des hommes ? Il a répondu: Tout homme au coeur makhmûm, à la langue véridique. On lui a dit: L’homme à la langue véridique, d’accord nous le connaissons, mais que signifie au coeur makhmûm ? Il a dit : C’est le coeur pur et pieux où il n’y a ni péché, ni injustice, ni ressentiment, ni jalousie » [ Rapporté par Ibn Mâjjah ].

De ce fait, c’est la communauté islamique authentique qui est réellement fondée sur les liens de l’amour partagé, de l’affection répandue, de l’entraide mutuelle, de la courtoisie fine où il n’y a aucune place pour l’individualisme dominateur et ravageur. C’est celle que nous décrit le Coran:

{ A ceux qui sont venus après eux en disant : Notre Seigneur ! Pardonne-nous ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés dans la Foi. Ne mets pas dans nos coeurs de rancune envers les croyants. Notre Seigneur ! Tu es, en vérité, Bon et Miséricordieux } [ Sourate 59 : verset 10 ].

La querelle, en se développant, en s’enracinant et en multipliant les ramifications de ses épines, détruit la fraîcheur de la Foi, tue la bonté et l’amour de la paix qu’elle inspire. Et il n’y a plus alors aucun bien dans l’observation des rites prescrits, qui n’apportent plus aucune protection à l’âme. Souvent, la querelle s’empare des esprits de son auteur et le pousse à commettre des écarts avilissants pour la grandeur d’âme et des péchés graves qui font encourir la malédiction.

Souvent l’oeil courroucé pointe une zone sombre. Aveugle aux vertus, amplifiant les vices, l’âme cède, sous l’emprise de la haine et du ressentiment, au voyeurisme et à la confection des mensonges.

Ce sont autant d’attitudes abhorrées par l’Islam qui met en garde contre ces abominations et fait de leur éradication les meilleures oeuvres pour se rapprocher de Dieu.

En effet, L’Envoyé de Dieua dit:

« Voulez-vous que je vous indique ce qui est meilleur que le jeûne, la prière et l’aumône ? Les gens présents lui ont dit: Certes, oui ! Il a dit: C’est d’endiguer l’inimitié et l’animosité, car laisser se propager l’inimitié constitue la haliqa (celle qui rase), je ne dis pas celle qui rase seulement les cheveux, mais celle qui rase la Foi » [ Rapporté par At-Tirmidhî ].

Le démon ne parvient peut-être pas à faire de l’homme sensé et raisonnable un adorateur d’idole, mais il peut, lui qui est trop attaché à la séduction de l’homme et à sa perte, parvenir à l’éloigner de son Seigneurau point qu’il ignore ses devoirs encore plus que l’idolâtre délirant. Pour mener à bien cette machination, le démon s’emploie avec ruse à allumer les feux de l’animosité dans les coeurs. Une fois ce feu allumé, le démon se réjouit du spectacle de ces flammes qui brûlent le présent et l’avenir des hommes et qui engloutissent leurs liens et leurs vertus.

L’Envoyé de Dieua dit:

 » Satan a perdu définitivement l’espoir d’être adoré par les orants dans la presqu’île arabique, mais il ne désespère pas de semer la discorde entre eux » [Rapporté par Muslim ].

Ceci parce que quand Satan s’empare des coeurs, provoquant leur animosité et brisant leur protection, les hommes régressent vers un état de dureté et d’entêtement dans lequel ils rompent ce qu’Allah a ordonné qu’il soit communiqué et propagent la corruption sur terre.

Aussi, l’Islam a été très vigilant face à l’apparition des symptômes de la cruauté en les traquant et en les soignant avant qu’ils s’aggravent et se transforment en une animosité déclarée. En effet, il est notoire que les humains ont des tempéraments et des aptitudes à la compréhension qui diffèrent d’une personne à l’autre, et que leurs rencontres dans les domaines de la vie peuvent provoquer des gènes et des déviations quand ce n’est pas des heurts et des distanciations. C’est pourquoi l’Islam a prescrit un certain nombre de principes qui protègent les musulmans des affres de la division et de la discorde et qui amarrent leurs coeurs aux attaches de la fidélité et de l’affection. Il a ainsi interdit de rompre avec les gens ainsi que de tourner le dos les uns aux autres de quelque façon que ce soit. Certes il t’arrive de recevoir une méchanceté, de t’en attrister, et d’en suffoquer au point de résoudre à rompre avec son auteur. Mais Dieu n’aime pas que le lien entre un musulman et son frère connaisse un tel sort.

Le Prophète a dit:

« Ne rompez pas vos liens, ne tournez pas le dos les uns aux autres, ne vous haïssez pas mutuellement, ne soyez pas jaloux, les uns des autres; soyez des serviteurs de Dieu et des frères. Il n est pas permis à un musulman de rompre avec son frère plus de trois jours » [ Rapporté par Al-Bukhârî ].

Dans une autre version:

« Le croyant n’a pas le droit de rompre avec son frère plus de trois jours. Il doit après: les trois jours le rencontrer et le calmer. Si son frère lui rend le salut, ils bénéficieront tous les deux de la rétribution (de la réconciliation). S’il ne rend pas le salut, il encourt tout seul le péché, et celui qui a pris l’initiative de saluer se déliera de la rupture » [ Rapporté par Abû Dâwud ].

Ce délai de trois jours est une durée suffisante pour calmer la véhémence et la colère. Ensuite, le musulman est tenu de se réconcilier avec ses frères et de reprendre son rapport habituel, avec eux. Comme si la rupture n’est qu’un petit orage vite dispersé par le souffle de la réconciliation qui rend à l’horizon sa clarté de toujours. Dans tout conflit naissant, l’homme est soit l’auteur d’une injustice, soit la victime d’une injustice. S’il agresse autrui et porte atteinte à son droit, il doit cesser son forfait et y remédier en sachant qu’il n’extirpera le ressentiment du coeur de son adversaire que s’il lui apporte la sérénité et la satisfaction. Voilà pourquoi l’Islam ordonne dans ce cas de se réconcilier avec son adversaire et d’apaiser son coeur.

L’Envoyé de Dieua dit:

« Celui qui doit une injustice envers son frère, portant sur un bien de ce monde ou sur toute autre chose, est tenu de la réparer aujourd’hui, avant qu’il n’y ait ni Dinâr ni Dirham (dans la Vie future). Car on prendra de ses bonnes actions, s’il y a suffisamment de quoi réparer son injustice. S’il n’ y en a pas, il assumera une partie des péchés de sa victime » [ Rapporté par Al-Bukhârî ].

Tel est le conseil de l’Islam pour celui qui doit un droit. Quand à celui qui a un droit à réclamer, il lui recommande la bonté et le pardon et l’invite à effacer les fautes d’hier en acceptant les excuses, lorsque son frère viendra les lui présenter en lui demandant son pardon. Car refuser des excuses présentées est une grande faute. En effet, il est dit dans le hadith :

« Celui qui n’accepte pas les excuses présentées par son frère aura à sa charge un péché semblable à celui du percepteur d’une dîme illégale » [ Rapporté par Ibn Mâjjah ].

Dans une autre version:

« Celui qui reçoit des excuses et ne les accepte pas n’accédera pas au Bassin » [ Rapporté par At-Tabarânî ].

Par ces conseils clairvoyants aux deux parties, l’Islam combat les haines, étouffe leur virus dans son foyer d’origine, et propulse la société des croyants vers un niveau sublime où règnent les amitiés partagées et les rapports d’équité.

Du reste, l’Islam considère comme signe de médiocrité et de bassesse de la nature le fait que le ressentiment soit enraciné dans les profondeurs de l’âme, où il gronde dans ses entrailles comme dans un volcan en ébullition.

En effet, beaucoup de ceux qui entretiennent le ressentiment dans leurs coeurs, recherchent un exécutoire dans ceux qu’ils croisent et ne se reposent que lorsqu’ils pestent et tempêtent, sévissent et commettent l’irréparable.

Ibn Abbâsrapporte que L’Envoyé de Dieua dit:

« Voulez-vous que je vous indique quels sont les pires d’entre vous ? Les gens présents ont dit: Oui, certes, si tu veux, ô Envoyé de Dieu ! Il a dit: Les pires d’entre vous sont ceux qui s’installent en solitaires, flagellent leurs serviteurs et s’interdisent le secours. Voulez-vous que je vous indique qui sont pires ? Les gens présents ont dit: Oui, certes, si tu veux, ô Envoyé de Dieu ! Il a dit: Ceux qui détestent les gens et qui sont détestés. Puis il a dit: Voulez-vous que je vous indique qui sont pires encore ? Les gens présents ont dit: Oui certes, si tu veux ô Envoyé de Dieu ! Il a dit: Ceux qui n’acceptent ni trébuchement ni excuse et qui ne pardonnent pas un péché. Puis il a dit: Voulez-vous que je vous indique qui sont pires encore ? Les gens présents ont dit: Oui, certes, ô Envoyé de Dieu ! Il a dit: Ceux dont on n’attend aucun bien et dont on n’est pas rassuré de leur mal » [Rapporté par At-Tabarânî ].

Ces différents types d’hommes recensés dans ce hadîth sont des exemples d’états de haine lorsque celle-ci s’aggrave et se déchaîne. C’est si vrai que les hommes d’autrefois, même dans leur jahiliyya (période antéislamique), sentaient que la haine est propre aux gens les plus vils et que ceux dotés de grandeur d’âme s’en écartent scrupuleusement. Ainsi le poète Antara disait:

La haine ne peut être portée par celui qui s’élève dans les dignités. Et les grandes renommées ne sont pas accessibles au coléreux.

Il y a des vices contre lesquels l’Islam a mis en garde, et il convient de connaître leur source principale. En effet, tous ces vices se ramènent, malgré la diversité de leurs formes, à un mal unique: la haine. Il en est ainsi de la calomnie des innocents.

C’est un crime vers lequel pousse la haine. Comme la calomnie a pour effet grave d’altérer les réalités et de blesser les personnes vertueuses, l’Islam la considère comme le pire des mensonges.

Aïcharapporte que l’Envoyé de Dieua dit à ses Compagnons:

« Savez-vous quelle est auprès de Dieu la pire forme d’usure (al-riba) ? Ils ont dit: Dieu et Son Envoyé le savent mieux ! Il a dit: La pire forme d’usure pour Dieu c’est la violation de la réputation d’un individu musulman, puis l’Envoyé de Dieu récita ce verset : { Ceux qui offensent injustement les croyants et les croyantes se chargent d’une infamie et d’un péché notoire } [ Sourate 33 : verset 58 ] [ Rapporté par Abû Ya’la ].

Nul doute que sonder les défauts des gens et chercher à les en attribuer sciemment est signe de perversion et de bassesse. C’est pourquoi l’Islam a institué des punitions immédiates pour certains crimes de la calomnie. Mais, ce qui est réservé dans la Vie future comme châtiment aux différentes formes de calomnie, est plus terrible encore.

L’Envoyé de Dieua dit:

« Celui qui évoque chez une personne un défaut qu’elle n’a pas, uniquement pour la dénigrer, Dieu le gardera dans le feu de l’Enfer jusqu’à ce que s’épuise ce qu’il a dit sur cette personne » [ Rapporté par At-Tabarânî ].

Dans une autre version:

« Pour tout homme qui répand sur un musulman un mot dont il est innocent, uniquement pour le discréditer dans la vie d’ici-bas, Dieu se doit au Jour de la Résurrection de le fondre dans le feu jusqu’à ce que s’épuise ce qu’il a dit sur ce musulman ».

Comme ce qu’il a dit est une diffamation, comment peut-il prouver le contraire devant Dieu et comment peut-il se débarrasser de ses conséquences?

La bonne santé du coeur impose au croyant de souhaiter au moins le bien pour les gens, s’il est incapable de le leur apporter de sa main.

Quant à celui qui invente un mal pour l’imputer aux gens et leur attribuer par pur mensonge, c’est un impudent calomnieux. Allah a dit:

{ Ceux qui aiment que la turpitude se répande parmi les croyants subiront un châtiment douloureux en ce monde et dans la Vie future. Dieu sait, et vous, vous ne savez pas } [ Sourate 24 : verset 19].

Parmi les faveurs que Allah accorde à Ses serviteurs, c’est qu’Il aime que l’on dissimule les défauts des créatures, même lorsqu’ils sont attestés.

En effet, il n’est pas permis à un musulman de diffamer son frère, même en mentionnant des défauts qu’il possède effectivement. Car l’homme au coeur sain compatit devant la douleur des gens et leur souhaite d’en être bien préservé. Quant à la manie de se réjouir en rapportant les scandales d’autrui, de dévoiler les secrets protégés et de mettre les autres à nu, ceci n’est pas le comportement d un vrai musulman. Voilà pourquoi l’Islam interdit la médisance, car c’est un exécutoire pour une haine renfermée et pour un coeur dépourvu de miséricorde et de bonté.

Abû Hurayra rapporte que l’Envoyé de Dieua dit :

 » Savez-vous ce qu’est la médisance ? Les gens présents lui ont dit: Dieu et son Envoyé le savent mieux ! Il a dit alors: c’est de mentionner ton frère avec ce (son défaut) qu’il n’aime pas. Les gens ont dit : Vois-tu, et si mon frère a bien ce que j’ai dit de lui ? Il a dit : S’il possède ce que tu as dit de lui, tu auras médit à son sujet, et s’il n’a pas ce que tu lui attribues tu l’auras calomnié » [ Rapporté par Muslim ].

Parmi les règles de bonne conduite instituées par l’Islam pour préserver les affections et éviter les divisions et les ruptures, il y a aussi l’interdiction de calomnier, car c’est un moyen de détériorer les rapports et de retourner les coeurs.

Du reste, le Prophète interdisait qu’on lui rapporte des propos désagréables sur ses Compagnons. Il a dit à ce sujet:

« Qu’aucun de vous ne me rapporte quoi que ce soit sur mes Compagnons. Car j’aimerai vous quitter la poitrine saine » [ Rapporté par Abû Dâwud ].

Aussi, celui qui entend quelque chose ne doit pas aggraver la déchirure pour celui qui répare. Car bien des mots malheureux s’éteindraient sur le champ si on les laissait là où ils furent dits, bien des mots malheureux ont déclenché des guerres parce qu’un inconscient les a transmis et leur a donné vie, ce qui le transforma en une flamme génératrice de malheurs et d’horreurs.

L’Envoyé de Dieu a dit:

« Aucun calomniateur n’entrera au Paradis » [ Rapporté par Al-Bukhâri ],

dans une autre version: « Aucun délateur ».

Pour les savants les deux ont le même sens. On a dit aussi que le calomniateur (an-Nammâm) est celui qui se trouve avec groupe d’hommes en conversation et qui transmet leurs propos ; puis que le délateur (al-Quattât) est celui qui entend ces hommes parler, sans qu’ils se rendent compte de sa présence, et qui rapporte ensuite leurs propos. Il est dit également dans le hadith :

« La calomnie et la haine sont dans le Feu, elles ne se réunissent pas dans le coeur d’un musulman »
[ Rapporté par At-Tabarânî ].

La haine s’accompagne de la suspicion, des manies d’épier les défauts des gens, de les dénigrer, de dénoncer leurs tares physiques ou psychologiques. Or, l’Islam abhorre toutes ces manies.

L’Envoyé de Dieua dit:

« Celui qui cache une mauvaise action commise par son frère et dont il a eu connaissance,
Dieu le préservera au Jour de la Résurrection » [ Rapporté par At-Tabarânî ].

Il a dit également:

« Celui qui ne dévoile pas une nudité d’un croyant c’est comme s’il a ressuscité une personne enterrée vivante »
[ Rapporté par At-Tabarânî ].

Souvent, ceux qui épient les nudités pour les dénoncer sont plus criminels et plus éloignés d’Allah avec leurs coeurs que les pécheurs invétérés. Car épier le crime pour l’étaler au grand jour est pire que son forfait.

Il y a d’ailleurs une différence incommensurable dans les deux attitudes à ce sujet : d’une part il y a face aux péchés d’autrui un sentiment de saine jalousie pour ce qui est interdit par Allah et un désir de le protéger, et d’autre part il y a un sentiment de haine pour les serviteurs d’Allah et un désir de les humilier.

Le premier sentiment peut propulser son auteur aux sommets, car il ne cherche nullement en dénonçant les écarts à se venger des créatures, à épier leurs trébuchements ou à se réjouir de leur malheur.

Avoir une poitrine saine est une vertu qui fait que le musulman ne lie pas la rahma qu’il a dans la vie à ses sentiments à l’égard des gens. Il peut échouer là où d’autres réussissent; de même il peut peiner là où les autres avancent.

Ce serait de la pure stupidité que l’égoïsme enchaîne l’individu au point de l’amener à souhaiter l’échec de tous les autres uniquement parce qu’il était perdant.

Par ailleurs, le fidèle musulman est tenu d’avoir un esprit large et un sentiment généreux. Il doit voir les choses à travers le prisme de l’intérêt général plutôt qu’à travers les ornières de ses propres désirs.

Si les chaudrons du ressentiment ne cessent de bouillonner à l’intérieur des haineux, c’est parce qu’en regardant la vie ils découvrent qu’ils ont ratés ce qu’ils désirent et que l’objet de leur passion est passé dans d’autres mains. Voilà la catastrophe qui ici les empêchent de connaître le fond de leur drame.

Autrefois, Iblîs a constaté que la faveur qu’il désirait tant est passé chez Adam. Voilà pourquoi il s’est juré de ne permettre à personne de jouir de cette faveur après en avoir été privé:

{ Il dit: à cause de l’aberration que Tu as mise en moi, je les guetterai sur Ta voie droite, puis je les harcèlerai, par devant et par derrière, sur leur gauche et sur leur droite. Tu ne trouveras, chez la plupart d’entre eux, aucune reconnaissance } [ Sourate 7 : versets 16/17 ].

C’est ce bouillonnement satanique qui gronde dans les âmes des haineux et corrompt leurs coeurs.

Voilà pourquoi l’Islam exhorte les hommes à fuir ce mal et à adopter dans la vie une approche plus saine et plus élevée.

Anas Ibn Malîkrapporte ceci:

« Nous étions assis autour du Prophètequand il dit: « Vous allez voir apparaître un homme du Paradis. Et on a assisté à l’entrée d’un homme des ansârs (Auxiliaires), la barbe encore mouillée suite aux ablutions, qui portait ses souliers à la main gauche. Le lendemain le Prophète dit la même chose et l’homme apparut comme au cours de la première fois.
Au troisième jour le Prophèterépéta les mêmes paroles et l’homme apparut comme à la fois précédente. Après le départ du Prophète, Abdallâh Ibn Amr suivit l’homme en question et lui dit: Je me suis querellé avec mon père et j’ai juré de ne pas rester avec lui à la maison durant trois jours. Voudrais-tu m’héberger pour passer ce délai ! L’homme dit: oui ».

Anas le rapporteur de ce hadith a ajouté:

« Abdallâh disait qu’il a passé chez cet homme trois nuits au cours desquelles il ne faisait aucune oeuvre ou prière particulière sauf que lorsqu’il se retournait dans son lit, il se mettait à mentionner Allah jusqu’à ce qu’il se lève pour la prière de l’aube.

Abdallâh ajoutait aussi: Je ne l’entendais dire que du bien. Au bout de ces trois nuits, disait Abdallâh, j’étais sur le point de mépriser son oeuvre. Aussi, je lui ai dit: Ô serviteur de Dieu! Il n’ y avait ni colère ni rupture entre moi et mon père. Tout ce qu’il y avait c’est que j’ai entendu l’Envoyé de Dieu répéter trois fois à ton sujet: vous allez voir apparaître maintenant un homme du Paradis. Et c’est toi qui est apparu à ces trois reprises. Aussi, j’ai voulu m’installer chez toi pour voir quelle était ton oeuvre afin de m’y conformer. Mais je n’ai vu aucune grande oeuvre qui soit en toi. Qu’est-ce qui t’a fait atteindre le degré annoncé par l’Envoyé de Dieu ?

L’homme a répondu: Il n’ y a que ce que tu as vu. Puis Abdallâh a ajouté: Au moment où je lui ai tourné le dos pour partir il m’a appelé et dit: Il n’y a que ce que tu as vu, sauf que je ne conçois de ressentiment pour aucun musulman et que je n’envie aucun homme pour un bien que Dieu lui a accordé. Abdallâh ajouta: je lui ai dit: Voilà ce qui t’a fait atteindre ce degré » [Rapporté par Ahmad ].

Dans une autre version il est dit:

« Il n’y a que ce que tu as vu, sauf que je m’endors sans avoir de haine envers aucun musulman » [ Rapporté par Al-Bazzâr].

L’Islam a également interdit l’envie, et Dieu a ordonné à Son Envoyé de chercher refuge auprès de Lui contre les maux des envieux, parce que l’envie est une braise qui s’allume dans la Poitrine et qui nuit à son porteur et aux autres.

C’est dire que l’individu qui souhaite la disparition des bienfaits est un fléau; on doit mettre en garde la société contre ses menaces, car on ne peut se fier à sa conscience dans aucun travail. D’autant plus que l’Envoyé de Dieua dit:

« La poussière attrapée sur le chemin de Dieu ne peut se trouver en compagnie du souffle de la Géhenne dans la poitrine d’un serviteur, de même que ne se rencontrent pas dans sa poitrine la Foi et l’envie » [Rapporté par Al-Baihaqî ].

Ila dit également:

« Prenez garde à l’envie, car l’envie engloutit les bonnes actions, comme le Feu réduit le bois en cendre » [Rapporté par Abû Dâwud ].

Celui qui déteste les hommes comblés de bienfaits et souhaite leur dépouillement et leur perdition est un homme égaré dans les réalités de la vie par bien de sombres visions.

D’abord il est enfermé dans la vie et ses biens pour lesquels il lutte à mort, pleure ses pertes et voue une haine féroce à ceux qui en ont été fournis en abondance. Or, ceci est une mauvaise appréciation, ou plutôt une ignorance et un oubli total de la Vie future et des préparatifs nécessaires pour la gagner.

Allah dit :

{ Ô vous les hommes ! Une exhortation de votre Seigneur, une guérison pour les coeurs malades, une Direction et une Miséricorde vous sont déjà parvenues, à l’adresse des croyants. Voilà une grâce et une miséricorde de Dieu; que les hommes s’en réjouissent ! C’est un bien beaucoup plus précieux que ce qu’ils amassent } [ Sourate 10 : versets 57/58 ].

Du reste, l’homme envieux est une personne paresseuse, manquant de résolution et de fermeté, qui ignore son Seigneur et ses Lois immuables dans le Cosmos. Comme il a raté le bien pour une raison quelconque, l’envieux s’est mué en un individu qui complote contre les gagnants comme le dit le poète : « Ils ont envié le jeune homme pour n’avoir pu obtenir son action. Aussi sont-ils tous pour lui des ennemis et des adversaires »

Il aurait mieux valu pour lui qu’il s’adressât à son Seigneur pour Lui demander de Ses faveurs, car les Trésors de Dieu ne sont le monopole d’aucune personne. Ensuite, il pourrait reprendre son activité dans la vie. Peut-être parviendra-t-il alors à atteindre dans une deuxième tentative ce dont il était incapable la première fois. Nul doute que cela est plus noble que le fait de concevoir du ressentiment pour autrui.

Mais il y a une grande différence entre l’envie et l’ambition, entre l’envie et la réjouissance, entre l’envie et l’élévation contre la confusion dans les situations.

En effet, l’ambition est un désir d’élévation et une action pour l’atteindre. C’est là l’attitude des serviteurs de Dieu.

Ainsi Soulaymân (Salomon)a dit:

{ Mon Seigneur ! Pardonne-moi ! Accorde-moi un royaume tel qu’il n’en existera plus pour personne après moi. Tu es, en vérité, le continuel Donateur !} [ Sourate 38 : verset 35 ].

De même les serviteurs du Miséricordieux ont dit:

{ Notre Seigneur ! Accorde-nous la joie des yeux en nos épouses, en notre descendance; fais de nous des modèles pour ceux qui craignent Dieu } [ Sourate 25 : verset 74 ].

Aspirer aux faveurs de Dieu tout en agissant dans la vie est tout à fait différent de l’attitude qui consiste à détester la faveur divine lorsqu’elle profite à un homme particulier.

Quand à la ghibta (allégresse), c’est le désir chez l’individu d’avoir un bienfait semblable à celui qu’Allah a accordé aux autres. Mais, comme l’aspiration de l’homme à des choses que détient autrui peut ouvrir les portes de la discorde, attacher son auteur à de vains espoirs et l’amener à désirer des choses qu’il estime utiles pour lui alors qu’elles lui sont en réalité nuisibles, l’Islam a indiqué ce qu’il convient de rechercher et d’entrer en vive compétition pour l’avoir.

En effet L’Envoyé de Dieua dit:

« Il n’y a d’envie (valable) que dans deux situations: celle d’un homme auquel Dieu a donné de l’argent qu’il a consacré contre ses ennemis jurés dans le domaine de la vérité, et celle d’un homme auquel Dieu a accordé la sagesse, qui la pratique et juge selon ses exigences » [ Rapporté par Al-Bukhârî ].

L’envie dont il est question dans ce hadith signifie le souhait d’avoir un bienfait semblable, non le souhait qu’il disparaisse. L’essentiel c’est que l’idéal visé par l’homme soit élevé et sublime, car le manque d’ambition consiste justement à lier ses espoirs à des choses futiles… Et il y a des situations qui n’apportent, lorsqu’on les recherche obstinément, que regret et qui peuvent conduire à haïr les gens uniquement parce qu’ils ont reçu de Dieu des dons innés ou des profits qu’ils tirent de ces dons.

Allah dit à ce sujet:

{ Ne convoitez pas les faveurs dont Dieu a gratifié certains d’entre vous par préférence aux autres: une part de ce que les hommes auront acquis par leurs oeuvres leur reviendra; une part de ce que les femmes auront acquis par leurs oeuvres leur reviendra. Demandez à Dieu qu’il vous accorde de Ses faveurs. Dieu connaît toute chose } [ Sourate 4 : verset 32 ].

Quant à l’élévation contre les abus et les bévues dans les situations, c’est une confirmation de la justice nécessaire non une sorte d’envie condamnable. Ainsi, lorsque nous nous mettons en colère parce qu’un tel a reçu une trop grande rémunération par rapport à ce qu’il a déployé, ou qu’il a été propulsé à un poste que sa compétence ne permet pas d’occuper, cette colère est compréhensible et louable, car c’est une sorte d’attention portée à l’intérêt général pour mieux le préserver et qui n’a rien à voir avec la haine personnelle. Or, l’Islam observe régulièrement les âmes pour les laver des crasses de la haine gratuite et pour leur inculquer des sentiments plus purs envers les gens et envers la vie.

Ainsi, chaque jour, chaque semaine et chaque année, les âmes passent, grâce à l’éducation de l’Islam, à travers un filtrage qui élimine les impuretés, corrige les défauts et ne laisse dans les coeurs croyants aucune trace de ressentiment.

Chaque jour: parce que l’Islam a indiqué que le fidèle ne s’assure les rétributions des prières prescrites que si leur accomplissement s’effectue avec un coeur limpide vis-à-vis des gens et débarrassé de la tromperie et des querelles.

L’Envoyé de Dieua dit:

 » Il y a trois hommes dont la prière ne s’élève pas plus d’un empan au-dessus de leurs têtes: un homme qui dirige la prière en commun pour un groupe qui détestent sa direction; une femme qui passe la nuit alors que son mari est courroucé contre elle; deux frères qui ont rompu leurs liens » [ Rapporté par Ibn Mâjjah ].

Chaque semaine: Il y a un recensement des oeuvres du musulman dans lequel Dieu regarde pour le juger en fonction de ses actes et des secrets de sa conscience. S’il a une poitrine saine, il est à l’abri des trébuchements et des rechutes. S’il est atteint par les forfaits de la colère, de l’envie et du courroux il traînera en arrière.

L’Envoyé de Dieua dit:

« Les oeuvres sont exposées ( devant Dieu) chaque lundi et jeudi. Ce jour-là Allah pardonne à tout individu qui ne Lui associe rien, sauf à l’homme qui est en animosité avec son frère. Dieu dira: laissez ces deux-là jusqu’ à ce qu’ils se réconcilient » [ Rapporté par Muslim ].

Chaque année: Au fil des nuits et des jours passés ainsi dans l’adoration, il ne sied pas au fidèle musulman de rester enfermé dans le bagne de l’animosité, enchaîné par les liens de la haine. D’autant que, dans la vie des hommes, il y a toujours des brises de faveurs divines qui ne profitent qu’aux purs et aux bons.

Il est dit dans le hadith :

« Allah se montre à Ses serviteurs au cours de la nuit de la moitié du mois de Sha’ban et il pardonne à ceux qui implorent le pardon, accorde la Miséricorde à ceux qui demandent miséricorde et ajourne le cas des gens empêtrés dans la haine » [ Rapporté par Al-Baihaqî ].

Celui qui meurt après tant d’occasions successives de purification, avec la haine rivée au coeur, mérite de s’exposer à la chaleur du Feu. En effet, ce que les lois ne sont pas parvenues à purifier, le Feu pourra atteindre son fond et cautériser ses maux nourris par la haine et le ressentiment.

L’animosité que l’Islam abhorre et répugne à traiter avec est celle qui se déclenche pour la vie d’ici-bas et ses passions, pour la convoitise de ses plaisirs et l’accaparement de ses biens.

Quant à l’animosité pour Allah , la colère pour la vérité, la révolte pour l’honneur, c’est une autre affaire…

Le musulman n’encourt pas de reproche en rompant jusqu’avec ceux qui pervertissent l’ordre d’Allah ou violent ses interdits. Aucun reproche ne doit lui être fait s’il conçoit de la haine pour eux et leur manifeste son hostilité. Au contraire, cela constitue le signe d’une Foi authentique et d’une sincérité vouée à l’Unique Dieu.

En effet, Allah a ordonné que nous restions en froid avec nos ennemis, même s’ils s’agit de nos proches:

{ Ô vous qui croyez ! Ne prenez pas pour amis vos pères et vos frères, s’ils préfèrent l’incrédulité à la Foi. Ceux d’entre vous qui les prendraient pour amis, seraient injustes } [ Sourate 9 : verset 23].

C’est un devoir pour le musulman d’éviter leur compagnie ou celle de ceux qui incitent à la débauche et au libertinage. Ainsi, le fait d’éviter celui qui pèche à l’encontre d’Allah pour le punir durant une période plus ou moins longue ne fait encourir aucune conséquence pour le musulman qui l’assume. En fait, le Prophètea quitté ses épouses pendant 40 jours. De même Abdallâh Ibn Omara rompu avec l’un de ses fils jusqu’à sa mort parce qu’il a rejeté un jugement de l’Envoyéque rapportait le même Abdallâh Ibn Omar sur la permission aux femmes d’aller à la mosquée.

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voici une jolie histoire extraite du Petit Musulman n°29 Septembre 2003 :

Il était une fois, à l’époque des califes abbassides, dans la capitale musulmane Bagdad, un grand savant connu pour sa sagesse. Cet homme avait passé sa vie à étudier le Coran et les paroles du Prophète , et il était très pieux.

Jamais on ne l’entendait dire du mal de quelqu’un, se moquer des autres ni répéter des paroles inutiles.
Tout le monde l’aimait, car il avait toujours une parole gentille ou un sourire pour les gens qu’il rencontrait, et il était toujours prêt à aider les autres.

Un jour, l’un de ses voisins vint le trouver :

As-salamou alaykoum !

Wa alaykoum as-salam wa-rahmatou llahi wa-barakatouhou, répondit le savant.

Sais-tu ce qu’on vient de me dire à propos de ton ami Abdallah ? poursuivit le voisin.

Attends un peu, répliqua le savant. Je vois que tu brûles d’envie de me dire quelque chose. Mais avant que tu me le dises, j’aimerais te faire passer un petit test. Cela s’appelle le test des trois filtres.

Des trois filtres ? s’étonna le voisin.

Exactement, poursuivit le savant. Avant que tu ne me parles de mon ami, ce serait une bonne idée de prendre le temps de filtrer ce que tu comptes me dire. Nous allons faire passer ce que tu voulais me dire dans trois filtres : ce qui en restera, tu pourras me le dire. C’est pourquoi j’appelle cela le test des trois filtres. Tu es prêt ?

Oui, répondit l’homme, de plus en plus étonné. (En effet, quand il bavardait avec ses voisins, il n’avait pas l’habitude de prendre tant de précautions).

Allons-y donc, dit le savant ? Le premier filtre est celui de la vérité. As-tu bien vérifié que ce que tu veux me dire est vrai ?

Non, répondit l’homme. En fait on vient juste de me le raconter et…

Bon, dit le savant. Donc, tu n’es pas du tout sûr que ce soit vrai. Le filtre de la vérité n’a pas gardé ce que tu voulais me dire. Essayons maintenant le second filtre, celui du bien. Est-ce que ce que tu voulais me dire sur mon ami est quelque chose de bien ?

Euh, non, au contraire…

Ah, poursuivit le savant. Donc tu voulais me dire quelque chose de mal sur mon ami, mais tu n’es pas certain que ce soit vrai. Je ne sais pas si je vais pouvoir t’écouter…Mais peut être que tu réussiras quand même le test, car il reste encore un filtre : le filtre de l’utilité. Si tu me dis ce que tu voulais me dire sur mon ami, est-ce que cela me sera utile ?

Euh bien…non, pas vraiment.

Alors, conclut le savant, si ce que tu voulais me dire n’est pas vrai, n’est pas bien et n’est même pas utile, ce n’est pas la peine de me le dire, tu ne crois pas ? Les paroles peuvent faire beaucoup de mal, et il ne faut pas les répandre n’importe comment. Une parole qui n’est ni vraie, ni bonne ni utile ne vaut pas la peine d’être dite. Alors avant de te dire quelque chose, ou de répéter ce qu’on t’a raconté, n’oublie pas de soumettre tes paroles au test des trois filtres ! Cela t’évitera certainement des péchés. Allah nous dit dans le Coran :

« Ô vous qui croyez ! Ne vous moquez pas les uns des autres, car il se peut que ceux-ci soient meilleurs que ceux-là. Que les femmes ne se moquent pas les unes des autres, car il se peut que celles-ci soient meilleures que celles-là. Ne vous calomniez pas les uns les autres, et ne vous donnez pas de sobriquets injurieux. Quel vilain mot que « perversion », quand on a déjà la foi. Ceux qui ne se repentent pas, voilà les injustes. »

(Sourate 49, verset 11)

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